North & South

La guerre de Sécession en direct-live, ça vous branche? Alors suivez le guide pour cette réplique des Tuniques Bleues sur NES…

Et si je vous dis que North and South est un jeu français, ça vous la coupe, non ? C’est l’éditeur lyonnais, Infogrames, la marque au Tatou (à cause de l’animal qui lui sert d’emblème) qui en est le maître d’oeuvre. Autant vous préciser qu’un jeu bien de chez nous, sur une console japonaise, ça se fête ! Surtout que North and South se démarque très largement des produits que l’on a l’habitude de voir sur le marché. Mélange réussi de jeu de stratégie, de beat’em up et de wargame, ce cocktail détonnant puise dans une période que l’on est peu habitué à découvrir sur nos consoles préférées : la guerre de Sécession ! S’inspirant fortement, au passage, des bandes dessinées des Tuniques Bleues.

C’est donc avec un peu de favoritisme que l’on vous présente cette drôle de guerre…

L’histoire, vous la connaissez tous. En 1860, le nord-des Etats-Unis élit Abraham Lincoln comme président.

OBUS DE CONFIANCE!

Mais Abraham prône l’abandon de l’esclavagisme, qui sévissait à cette époque, ce qui ne plaît pas du tout aux partisans du Sud (les sudistes, propriétaires terriens pour la grande majorité), et qui se fondent, justement, sur l’exploitation des esclaves noirs pour établir leur richesse. Ils élisent donc Jefferson à leur tête, et se lancent dans une guerre de quatre ans contre ceux du Nord (les Yankees). Bien heureusement, ce sont les Yankees qui vont gagner la guerre. Grâce à North and South, vous allez pouvoir revivre cette victoire, aux commandes des nordistes, ou au contraire, faire mentir l’histoire et mener les sudistes à la victoire !

Cela, au prix d’une lecture studieuse du mode d’emploi, livré avec le jeu, car cela demande un petit temps d’adaptation. Et comme on est sympa, on va vous aider à vous y retrouver.

North and South peut se jouer seul, ou à deux simultanément. Quand vous jouez à deux, l’un prend les nordistes et l’autre les sudistes. Quand vous êtes seul, vous choisissez votre camp, et l’ordinateur contrôlera l’armée adverse.

AUTANT EN EMPORTE LE VENT

Tout commence sur la carte des Etats-Unis, on est dans la partie stratégie. Cette carte est découpée par les frontières des Etats. Chaque Etat est un territoire à conquérir. Selon l’année de départ que vous allez sélectionner (entre 1860 et 1864), vous aurez plus ou moins de territoire à conquérir (par exemple, en 1860 les nordistes et les sudistes couvraient, chaque camp, un territoire à peu près égal, alors qu’en 1864, celui qui prend les nordistes commence avec l’avantage de posséder, déjà, les trois quarts des territoires).

Pour corser le jeu, il existe trois niveaux de difficulté, ainsi que des désastres aléatoires. Les désastres sont des événements qui peuvent vous arriver à n’importe quel moment, et qui vont contrarier votre progression pour un temps. Ils sont au nombre de trois : les Indiens, les orages, et un renfort armé pour le soldat qui contrôle l’État de Caroline du Nord. Mais on peut jouer avec les désastres désactivés. Revenons sur la carte. L’emplacement de vos armées et celui de votre adversaire sont indiqués. A chaque tour (comme dans un jeu de société), vous pouvez avancer vos troupes dans les territoires adjacents. Si une armée adverse s’y trouve, c’est la guerre, et on se retrouve sur le champs de bataille. Les deux armées se font face. Chaque armée possède un ou des canons, des chevaux et des fantassins. A vous de les gérer et de les utiliser le mieux possible pour gagner la bataille.

Quand tous les soldats d’une armée sont morts, c’est l’adversaire qui prend le territoire.

Ainsi, de victoire en victoire, il faut réussir à éliminer complètement l’armée adverse (sur la carte) pour gagner la guerre. Il faudra, aussi prendre possession du train d’or ou des camps fortifiés de l’ennemi, au cours de séquences beat’em up assez marrantes. Bref, le jeu est varié, et demande beaucoup de réflexion.

DE GUERRE LASSE?

Simple, mais bien fait, original mais pas désordonné. North and South est un jeu bien équilibré, amusant, un peu difficile d’approche, mais parfaitement logique dans sa manipulation…

Seul reproche, sa durée est un peu limitée. A acheter prudemment, donc, bien qu’il puisse se révéler intéressant.

 

Graphisme     : ★★★★½ 89%
Animation      : ★★★★☆ 75%
Son                 : ★★★★½ 88%
Jouabilité       : ★★★★½ 90%
Durée de vie  : ★★½☆☆ 50%
Player Fun     : ★★★★½ 89%
Note Globale : ★★★★☆ 88%

Difficulté variable

Article rédigé par ??? dans Player One n°23 (septembre/octobre 1992)

 

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