Street Fighter II’ CE

Les amoureux de la NEC se reconnaissent désormais à leur nouveau cri de ralliement : « Sho Yu Ken ! »

Sortira ? Sortira pas ? Au même titre que sa cousine sur Megadrive, la conversion de Street Fighter II sur NEC tenait du serpent de mer. Annoncée, annulée, la chose ne s’est confirmée qu’au printemps dernier. Le jeu était déjà bien avancé. Les journaux japonais ont commencé alors à nous faire saliver avec des photos d’écrans si somptueux qu’on croyait au trucage : « Allez, c’est pas possible ! avec des graphismes aussi beaux, l’animation doit être pourrie ou la jouabilité ne tient pas la route. » La rumeur n’était pas fondée : Street Fighter II’ sur NEC est bel et bien un carton total ! Il aura fallu pour cela une carte d’une capacité record de 20 mégas.

MAIS COMMENT ONT-ILS FAIT ?

Premier point qui frappe les fidèles : c’est la version II’ qui a été convertie. II’, outre quelques aménagements cosmétiques, implique la possibilité de jouer avec les boss. Nettement plus cool ! La claque vient surtout de la qualité des graphismes et des animations, encore plus beaux que sur Super Nintendo (légèrement en dessous de SF II’ Turbo quand même). Ça pète de couleurs ! c’est fluide et, en plus, vous avez droit aux graphismes nippons d’origine, plus agressifs. En contrepartie, quelques scrol-lings disparaissent, mais il faut vraiment chercher la petite bête pour s’en apercevoir. Quant à la jouabilité, elle serait irréprochable s’il n’y avait le problème du paddle. En effet, les deux boutons de ce dernier sont un peu limités. Hudson et Capcom ont contourné le problème en utilisant le bouton select comme troisième touche et le bouton start pour passer des coups de poing aux coups de pied. Chaque touche possède donc deux fonctions selon que appuyez sur start ou non.

MERCI, ÇA SE DIT COMMENT EN JAPONAIS ?

La solution est ingénieuse. Elle permet de ne perdre aucun des coups que comporte SF II’. Cependant, elle ne remplace pas le confort qu’offre le paddle à six boutons. Pour résoudre ce problème, un paddle spécial (réutilisable avec d’autres jeux comme Fatal Fury 2) est commercialisé au Japon. Par ailleurs, SF II’ gère le paddle à trois boutons de NEC Avenue vendu avec Forgotten World. Malgré tout, avec deux ou six boutons, cette conversion est une véritable merveille qui prouve que la Core, malgré une position marginale dans les pays occidentaux, n’est pas encore bonne pour le cimetière. Tant qu’il y aura des petits Japonais pour acheter les machines de Monsieur NEC — et des éditeurs pour les pousser au-delà de leurs limites —, la petite continuera à nous faire rêver.

 

Graphisme     : ★★★★★ 95%
Animation      : ★★★★½ 92%
Son                 : ★★★★☆ 84%
Jouabilité       : ★★★½☆ 74%
Durée de vie  : ★★★★½ 90%
Player Fun     : ★★★★★ 99%
Note Globale : ★★★★½ 96%

Difficulté très variable. La jouabilité de 74% a été donné avec l’utilisation du pad « normal » de la console.

Article rédigé par Iggy dans Player One n°34 (septembre 1993)

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