Fatal Fury Real Bout

Auréolée fort justement de succès et de gloire, la série des Fatal Fury a su s’attirer de nombreux fans. Mais tout de même, cinq épisodes, cela ne commence t-il pas à faire beaucoup ?

Petit historique rapide. La série des Fatal Futy existe depuis nombre d’armées. Tout a commencé sur Neo Geo; bien sûr, avec un premier épisode plein de défauts — nous sommes au début de l’année nonante-deux, pardonnons-leur — mais qui, deja, ouvre royalement la voie aux jeux suivants : Fatal Fury 2, Fatal Fury Spécial et Fatal Fury 3. Les améliorations, à chaque fois, seront notables et, avec ce cinquième épisode de 346 mégas (la barre mythique des 330 est franchie !), les gens de chez SNK atteignent en quelque sorte le sommet de leur art.

DE VIEILLES CONNAISSANCES

Les personnages présents dans ce nouveau Fatal Fury sont bien connus des fans de la série. La grande majorité des protagonistes étaient déjà présents dans Fatal Fury 3. C’est ainsi que nous retrouvons les inséparables Terry, Andy et Joe, ainsi que Maï, Franco, Bob, Hon-Fu, Blue Mary, Sokaku, Geese (pardon, maître Geese), Yamazaki et les deux frères Chonrei ; ces trois derniers pouvant être directement sélectionnés. Font un retour triomphant : Duck King (ouais !), Billy Kane (géant !) et Kim Khapwan (magnifique !). Je ne regrette, pour ma part, que l’absence de Tung Fu Rue, vieux sage cher à mon cceur… Enfin, laissons de côté les états d’âme et estimons-nous heureux. Le panel des combattants présents ici est déjà bien assez fabuleux. Lors des premières parties, Fatal Fury Real Bout semble quelque peu déconcertant. Les commandes, modifiées, bouleversent les habitudes, les graphismes paraissent décevants… On se dit, avec une pointe d’amertume, que c’est le début de la fin pour SNK, que ça y est, ils commencent à en faire trop… Et puis, le temps passant, la valse des doigts sur les boutons se fait plus sûre, les décors tendent à s’effacer tandis que les combats retiennent toute l’attention. Et la magie opère à nouveau. On pousse un soupir de soulagement… avant d’appuyer sauvagement sur Start pour commencer illico une nouvelle partie.

NOUVELLE DONNE

Si FF Real Bout semble a priori déroutant, cela est dû avant tout à sa nouvelle jouabilité. Ici, les commandes ont été simplifiées et elles se décomposent comme suit : bouton A poing faible, bouton B pied faible, bouton C coups forts (ils changent selon les persos et la distance) et bouton D esquive vers l’avant ou l’arrière du décor. Bref, fini les systèmes de touches combinées (A+B, B+C…) et vive la simplicité ! A côté de ça, bien sûr, le jeu regorge de tout un tas de détails techniques, propres à ravir les fans du genre : protections en l’air, contre-projections, reversai attacks, enchaînements, esquives… Les véritables pros, cette fois encore, seront aux anges, chaque personnage possédant une palette de coups et pouvoirs spéciaux extrêmement complète. En ce qui concerne la réalisation, les sentiments sont partagés. Certains s’offusquent du nombre ridiculement réduit de décors (cinq) en clamant haut et fort qu’ils se révèlent moyennement réussis. Et puis d’autres estiment que les décors restent secondaires, que les personnages sont de toute façon très réussis et, en plus, tous accompagnés d’une musique différente. Du pour et du contre, donc. Quoi qu’il en soit, FF Real Bout se révèle très fun et intéressant à jouer, et c’est bien cela le plus important. Maintenant, il paraît évident qu’il s’adresse en priorité aux fans absolus de la série, les autres s’en détournant ostensiblement pour marquer leur désapprobation face à ce genre de jeux qui se suivent, qui se suivent, qui se suivent…

L’avis de Reyda, furieusement enthousiaste
« Par où commencer? Par le seul défaut : il y a peu de décors si l’on compare à Fatal Fury 3. Tout (je dis bien tout) le reste de ce grand jeu est quasi parfait. Les persos ont chacun leur style (même que Ryuji est top classe !), et apparemment personne ne prétend à l’invincibilité de Kyo (King of Farceurs’ 95). Les parties sont rythmées par la variété des coups enchaînables et les changements de plan très utiles, et pimentées par l’adjonction de nouvelles « Fury » et la possibilité d’être projeté hors du ring. De plus, SNK a décidé de simplifier les commandes pour un plus grand plaisir de jeu et un accès plus facile, les débutants étant souvent rebutés par les « Yoga arrière-avant-boule + BC » qui commencent à envahir le monde des jeux de baston. Un soft à la portée de tous donc, à la réalisation incroyable, et qui sortira cet été sur Playstation. Conclusion : achat immédiat pour tout possesseur de Neo CD. Attente douloureuse pour les autres ! »

Graphisme     : ★★★★½ 89%
Animation    : ★★★★★ 97%
Son                 : ★★★★½ 93%
Player Fun     : ★★★★★ 97%
Note Globale : ★★★★½ 96%

Article rédigé par Chris dans Player One n°62 (Mars 1996).

 

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