Pilotwings

Et Icare se modela des ailes de cire pour s’échapper du labyrinthe. Mais lorsqu’il s’envola, il s’approcha trop près du soleil. Les ailes ont fondu, et Icare s’écrasa…

Tel Icare dans la mythologie grecque, tout homme rêve de voler. Tout au long de la courte histoire de l’humanité, les esprits les plus géniaux se sont succédés pour tenter de trouver la solution miracle. Avions, hélicoptères et autres delta-planes sont la seule réponse de ces rêveurs fous pour lutter contre l’apesanteur. Il est donc désormais relativement facile de voler dans la réalité. Par contre, sur console, c’est un tout autre problème. Narguées par les micro-ordinateurs qui s’aident d’une surenchère technique permanente pour s’offrir des simulateurs de plus en plus sophistiqués et réalistes, les consoles n’ont, pour l’instant, que peu de chose à proposer pour les pilotes en herbe. Et puis voici Pilotwings, qui ne prétend pas concurrencer les simulateurs de vol classiques, mais qui propose un type de jeu original en s’aidant d’une particularité technique de la Super Nintendo (le fameux mode 7), tout en offrant une incomparable sensation d’évasion… Décollage immédiat !

DE QUOI S’AGIT-IL ?

Il est extrêmement difficile de définir précisément Pilotwings. Situé à la frontière entre simulation et jeu d’arcade, il reste totalement atypique face à tout ce que l’on a pu voir précédemment en jeu vidéo. Néanmoins, disons que grâce à Pilotwings vous allez pouvoir prendre les commandes d’un avion, d’un delta-plane, faire du parachute, du rocketbelt, et même piloter un hélico ! Eh oui, tout cela dans la même cartouche !

BIENVENUE AU CLUB !

Si Pilotwings peut apparaître comme un fourre-tout, il n’en est rien du tout. Il existe bel et bien un scénario, qui justifie les diverses activités qui vous sont proposées. Vous y jouez le rôle d’un fan d’aviation qui recherche une école de pilotage. Celle que vous allez trouver s’appelle le Flight Club, et elle est de renommée mondiale. Cette école, très mystérieuse, a pour réputation de former les meilleurs pilotes du monde. Il paraît même que la préparation est si complète que les pilotes qui y sont formés se voient confier des missions militaires dans des régions à risque. Mais tout cela n’est qu’une rumeur… Quoique !

TOUJOURS PLUS…

Comme dans une vraie école de pilotage, vous allez progresser par licences successives. Pour acquérir une licence, il faut compléter plusieurs épreuves, sur plusieurs machines. La première licence, par exemple, ne s’obtient qu’en passant deux épreuves (avion et parachute). Sur chaque épreuve, on totalise un nombre de points (calculé à partir d’un barème de notes). Selon vos performances (précision, maîtrise…), vous êtes plus ou moins bien noté. Les scores obtenus sur chaque épreuve s’additionnent pour donner une note générale. Si cette note est supérieure au barème fixé, vous obtenez la licence. Au fur et à mesure, il y a de plus en plus d’épreuves (apparaissent le delta-plane et le rocketbelt) et elles sont de plus en plus compliquées (il faut passer dans des cercles suspendus dans l’air, atterrir sur des plates-formes flottantes…). Jusqu’à ce qu’on obtienne la « Gold licence ». Alors là, cela devient une autre paire de manches, car les instructeurs du Flight Club considèrent que vous êtes suffisamment mûr pour attaquer une mission délicate en hélicoptère. Il s’agit d’aller rechercher un espion prisonnier sur une île ennemie. Mais, si le pilotage de l’hélico ne pose aucun problème, on se retrouve rapidement confronté à des batteries anti-aériennes assez sauvages. Elles sont tellement puissantes qu’il est presque impossible d’atteindre son but (c’est le seul reproche du jeu, car le niveau de difficulté est trop élevé par rapport aux levels précédents). Mais ceux qui auront suffisamment de ténacité pour en venir à bout se verront récompensés. D’une part ils obtiennent la « Silver Pilot’s Wings Medal », d’autre part ils ont accès au mode Pilotwings Expert, qui est presque un jeu dans le jeu ! Il propose tout une nouvelle série d’épreuves d’un niveau de difficulté beaucoup plus élevé (les intempéries sont gérées). De quoi assurer une durée de vie suffisante.

UN MODE 7 IMPRESSIONNANT

F-Zéro nous avait déjà démontré les incroyable miracles que pouvait produire le mode 7 (ce mode graphique spécial qui permet les zooms, les rotations et une vue en fausse 3D, sur la Super Nintendo), mais Pilotwings va encore plus loin ! Car dans Pilotwings, non seulement le décor tourne sur 360°, mais en plus, l’altitude est gérée, dans une animation toujours aussi fluide. Le résultat vous laisse carrément pantois de bonheur, et vous avez presque l’impression de sentir l’air souffler dans vos cheveux ! L’impression de liberté et d’espace est omniprésente dans toutes les phases de jeu. Les commandes sont assez simples pour ne pas rebuter le joueur moyen et le comportement des diverses aéroplanes est suffisamment réaliste pour éclater les fanas de simulateur. Une pure merveille, tant au niveau technique que passionnel.

PARACHUTE
Il y a deux phases bien distinctes dans le saut en parachute : avant et après l’ouverture du parachute. Avant, il faut planer et réussir à se diriger un minimum pour passer au centre des anneaux. Après, cela devient plus difficile, car il faut calculer en fonction de la vitesse de chute pour atterrir au bon endroit.

AVION
L’avion est assez facile à piloter. Outre les commandes de direction (cabrer l’appareil, plonger, tourner), on a aussi la possibilité d’augmenter ou de baisser les gazs (pour prendre ou perdre de l’altitude). Par contre, ce qui est extrêmement difficile, c’est d’atterrir. Avec le vent qui vous fait légèrement dériver et la finesse des commandes, cela demande une extrême précision pour arriver centré et avec le bon angle sur la piste.

ROCKETBELT
L’épreuve la plus fabuleuse du jeu ! Comme Michael Jackson à la fin de son concert, vous allez pouvoir porter l’un de ces fameux prototypes de sac à dos équipé d’un réacteur ! Décollage vertical, deux types de propulsion, et une liberté de mouvement assez fabuleuse sont les principaux attraits de cet engin. En plus, il n’est pas très difficile et permet de ramasser pas mal de points (seul l’atterrissage sur une plate-forme flottante peut poser des problèmes).

L’HÉLICOPTÈRE
Seuls les pilotes confirmés pourront piloter l’hélicoptère. Vu de dessus, il reprend le même principe de fonctionnement qu’un vrai hélico (penché vers l’avant pour avancer, vol stationnaire…). Par contre, toute la difficulté provient des missions, de type militaire, qui sont assez difficiles.

DELTA-PLANE
C’est une épreuve assez difficile et en même temps, d’un réalisme surprenant. Ce qui est génial, c’est que l’on peut choper des colonnes d’air pour planer plus longtemps… Comme avec un vrai delta-plane. Et ça, c’est inédit sur un jeu vidéo. il faut obtenir cette licence pour passer à l épreuve suivante.

Graphisme     : ★★★★½ 93%
Animation      : ★★★★★ 98%
Son                 : ★★★★½ 93%
Jouabilité       : ★★★★½ 91%
Difficulté        : ★★★★½ 89%
Durée de vie  : ★★★★★ 95%
Player Fun     : ★★★★★ 98%
Note Globale : ★★★★½ 97%

Article rédigé par Crevette dans Player One n°25 (novembre 1992)

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