Super Mario Kart

 

Et voici Super Mario qui rentre sur la piste, accompagné de la princesse Toadstool et de son redoutable ennemi Bowser. Ils prennent place sur la grille de départ… Yeeeah ! la course est lancée !

Cela faisait depuis le lancement de la Super Nintendo que l’on n’avait pas entendu parlé du plombier à moustache ! Ben si, souvenez-vous, Mario 4. C’était l’époque où il était filé avec la machine. Soit, attendez que je compte sur mes petits doigts potelés… Euh ! un, deux, trois, août, ça fait quatre, cinq, six et novembre, ça fait sept ! Purée, on ne l’avait pas revu depuis sept mois ! On pouvait presque croire qu’ils s’endormaient du côté de chez Nintendo. Mais bon, le mal est réparé puisque notre irréductible Mario a trouvé le moyen de revenir faire un tour par chez nous.

D’accord, on est un peu déçu parce que l’on attendait le cinquième épisode de ses aventures extraordinaires (en règle générale, Miyamoto et son équipe nous pondent un Mario tous les deux ans et des poussières, or ça fait pile deux années que Mario 4 est sorti au Japon !), et que l’on se retrouve avec un jeu assez éloigné de ce que l’on imaginait. Mais ne jouons pas les « faux-derches » puisque Mario Kart avait été présenté au CES de Chicago au mois de juin. Tout ça pour vous dire qu’en fait, c’est d’un jeu de course dont nous allons parler dans ce test, et non d’un jeu de plateforme… Etonnant, non ? (copyright Desproges !)

ALLEZ CHAUFFE MARCEL… EUH ! MARIO !

Donc, pour nous faire passer la pilule de Dr Mario, et avant de nous mobiliser les neurones à gribouiller dans Mario Paint, le père Mario enfile sa combinaison de pilote (ça le changera de son éternel bleu de travail) pour enfourcher ces engins diaboliques que sont les karts de compétition. Et quand je dis « compétition », vous allez voir que ce n’est pas un vain mot dans le cadre de Mario Kart.

Effectivement, tout est fait dans ce jeu pour que vous luttiez contre quelque chose ou quelqu’un. Déjà, il est possible de jouer à deux simultanément (l’écran est séparé en deux). Ensuite, il existe un mode « course » pour jouer en solitaire ou à deux. Et pour finir, le mode « battle » permet à deux joueurs de se foutre sur la tronche en s’envoyant des carapaces dans la tête… Le survivant sera proclamé vainqueur, évidemment !

MARIO, CASAQUE BLEUE TOQUE ROUGE… LES PARIS SONT OUVERTS !

Après une page de présentation assez… euh !… psyché, oui, on peut le dire mon cher Thierry, elle est vraiment psyché (oh ! là, là ! faut que j’arrête tout, moi !), commence une valse de menus (n’oublions jamais ce proverbe : « Pierre qui valse n’amasse pas mousse ! » À méditer, mes frères !). Mais ne vous inquiétez pas, Miyamoto (j’ai peut-être oublié de vous dire que c’est le créateur de Mario, mais si vous avez lu son interview dans Player One n° 25, vous devriez le savoir !) sait combien il est contraignant de se taper trente kilomètres de menus pendant trois heures, avant de jouer. C’est ainsi que ceux de Mario Kart sont hyper bien foutus et très rapides (on peut, par exemple, revenir en arrière à tout moment, ce qui évite de faire un Reset dès que l’on s’est planté dans le choix d’une sélection !).

Donc, on commence par choisir si l’on joue seul ou à deux, puis si l’on veut se faire une course, une épreuve contre la montre, ou un duel. Si vous choisissez la course, vous tombez dans un autre menu qui vous demandera de choisir la puissance de votre engin. Il en existe deux types : les 50 cc et les 100 cc (cc = centimètre cube, pour ceux qui ne seraient pas branchés moteur à piston !). En fait, c’est juste histoire de dire qu’en 50 cc, c’est le mode « facile », et qu’en 100 cc, c’est le mode « difficile ». Et c’est vrai qu’il est aisé de remporter en 50 et que cela devient vraiment hard quand on passe en 100. Et accrochez-vous, parce que c’est pas fini avec les menus. Ben oui, car en finale, il faut choisir dans quelle « league » on court. League, ça ne vous rappelle rien ? Eh oui, F-Zero ! Y avait trois leagues qui comptaient chacune une série de circuits différents dans des décors identiques. Eh bien là c’est pareil. Ce qui n’est pas étonnant, puisque Mario Kart descend directement de l’admirable F-Zero !

C’EST À LA MODE… 7 !

Et c’est pas la peine de sortir d’HEC pour s’en rendre compte ! L’effet visuel qu’utilise Mario Kart est strictement identique à celui de F-Zero. Autrement dit, un bon mode 7 bien de chez nous ! Ainsi, les circuits que les dessinateurs de chez Nintendo ont dessinés vus de haut, la Super Nintendo se charge d’en faire une belle perspective fuyante et de nous animer tout cela, comme si on courait dessus… C’est-y pas beau la technique ! Avantage de cette solution, comme c’est géré « hard » par la machine, l’animation est d’une fluidité étonnante. Autre avantage, cet angle de vue vous met vraiment dans la course. Et là, on n’est pas déçu du voyage, car on se retrouve au départ avec Bowser, une tortue Koopa, Donkey Kong, Toad, la princesse Toadstool et Luigi à ses côtés… La première fois, ça surprend, on a l’impression d’être tombé dans un dessin animé. Surtout que les décors sont tous tirés de Mario 4 !

Bref, une fois que le Lakitu donne le feu vert, tout le monde appuie sur l’accélérateur, et c’est le plus rapide qui prend l’avantage. À ce propos, il s’agit de ne pas rater son coup lorsque l’on choisit son personnage. Ben oui, c’est ça le piège, c’est que chaque personnage a ses propres qualités et ses propres défauts. Ainsi, Toad maîtrise sa voiture comme un dieu, la princesse et Yoshi accélèrent comme des brutes et enfin Bowser et Donkey Kong atteignent une super vitesse de pointe… À vous de choisir en fonction de votre pilotage et de la league que vous sélectionnez. Nous, celui que l’on utilise pour l’instant au bureau, c’est Toad, parce qu’on trouve que c’est lui qui assure le mieux, mais après, c’est une affaire de goût. Donc, tout le monde se tire la bourre pendant la course (il faut absolument arriver dans les quatre premiers pour être qualifié pour la course suivante), mais ce sont surtout les coups de crasse qui vont départager les meilleurs.

LES COUPS DE CRASSES !

De quoi s’agit-il ? Eh bien, les amateurs de Mario ne connaissent que trop bien les inusables blocs à points d’interrogation que l’on trouve dans toutes les aventures du plombier (c’est dedans que se cachent les bonus). Eh bien là, on ne les trouve plus en l’air mais aplatis au sol, un peu comme des mines anti-char, en plus sympa quand même ! Tout se passe ainsi : lorsque les karts passent sur ces blocs, les bonus classiques de Mario (fleur, étoile…) se mettent à défiler dans une case, en haut de l’écran. En arrêtant le défilement avec l’un des boutons de la manette, on gagne un bonus. Alors, cela va du champignon qui agit comme un turbo éphémère, jusqu’aux carapaces rouges que l’on projettent comme des missiles à tête chercheuse (elle se guide automatiquement sur l’adversaire qui vous précède). C’est avec ce genre de trucs que l’on peut immobiliser les autres concurrents pour un temps (le tout c’est de savoir les utiliser au bon moment). Mais attention, car cela peut se retourner contre vous : ils peuvent aussi vous faire des crasses avec ! Ainsi s’installe rapidement entre les joueurs un esprit de lutte où tous les coups sont permis… Et si vous êtes amis en début de partie, ce n’est pas du tout évident que vous le serez toujours à la fin !

EN VOITURE, M’SIEURS DAMES…

Techniquement, comme la plupart du temps avec les jeux faits maison par Nintendo, y a rien à dire. On remarquera d’ailleurs l’exploit des programmeurs qui ont réussi à diviser l’écran en deux et à y mettre un mode 7 indépendant dans chacun ! Seuls les « anti-écran splitté » (dont je fait partie) se plaindront qu’en mode un joueur, l’écran reste désespérément splitté ! Pour le reste, on admirera aussi la jouabilité extraordinaire (bien que plus lourde que celle de F-Zero), et les innombrables détails tirés des aventures de Mario. En fait, le seul reproche que l’on peut faire à ce jeu, c’est qu’il est nettement moins spectaculaire et éprouvant que F-Zero (qui se payait le luxe de mettre tous vos sens dans un état proche de l’épuisement) au profit d’un plaisir plus… convivial !

 

Graphisme     : ★★★★½ 91%
Animation      : ★★★★★ 97%
Son                 : ★★★★½ 90%
Jouabilité       : ★★★★★ 95%
Difficulté       : ★★★★½ 90%
Durée de vie  : ★★★★½ 91%
Player Fun     : ★★★★½ 92%
Note Globale : ★★★★½ 96%

Article rédigé par Crevette dans Player One n°27 (janvier/février 1993)

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