Gargoyle’s Quest II

Vous savez, vous avez beau avoir le teint écarlate, de grandes griffes acérées et de petites ailes de chauve-souris dans le dos, vous restez très présentable. Et puis on ne choisit pas toujours son apparence !

Pour une fois, le héros d’un jeu d’aventure n’est pas un guerrier jeune, beau et baraqué qui va délivrer une ravissante et fraîche princesse. Présentement, c’est à une gargouille que nous avons affaire. Le genre « souris pas, tu fais peur aux petits ». Et c’est tant mieux pour nous. Foin d’artificieuses apparences ! C’est la pureté de l’âme qu’il faut juger avant tout. Cela étant souligné, voyons à quelle dure tâche doit s’atteler notre hideuse (mais brave !) bestiole à poils durs.

ENTER NIGHT, EXIT LIGHT…

Il était une fois un royaume magique du nom d’Étrurie. Tout allait bien dans ce pays merveilleux où prospéraient toutes sortes de monstres — qui n’existent plus, hélas, qu’à travers nos légendes —, jusqu’au jour où une mystérieuse lumière noire vint épuiser la source de magie du royaume. Alors que l’affolement et le désespoir s’installent, une héroïque gargouille, du nom de Firebrand, décide de prendre les choses en main. Elle va tout mettre en œuvre pour découvrir l’origine du mal. C’est à ce moment que vous vous emparez du paddle et que vous commencez à jouer. Bon allez, je vous laisse, je ne voudrais pas gâcher votre plaisir. Hein, quoi, il faut que je continue ? J’avais oublié qu’il fallait être aussi complet. Ça m’a ramolli, ces vacances…

DEUX MODES DE JEU

Une des plus singulières particularités de Gargoyle’s Quest II, c’est qu’il propose deux modes de jeu. Dans le premier, Firebrand est vu de haut, à la manière de certains jeux de rôle ou d’aventure. C’est dans ce mode que vous vous déplacez dans les différents endroits du jeu et que vous visitez les villes. Dans le second, Firebrand est vu de côté. Ces phases vous permettent de combattre les méchants qui rôdent. C’est bien simple, à chaque fois que vous vous retrouvez dans un nouvel endroit — forêt lugubre à traverser, château ancestral à visiter…, vous avez droit à ce mode arcade où vous devez tirer sur tout ce qui bouge. Cette dernière précision me permet, transition habile, de vous décrire un peu comment Firebrand est armé. Gargouille de son état, Firebrand dispose de jolies petites ailes et il a la possibilité de cracher du feu. C’est de naissance ! Cependant, au fur et à mesure de sa progression, ses capacités vont se développer. Enfin, il faut souligner que, contrairement à beaucoup d’autres jeux, les pouvoirs magiques et les objets ne s’échangent pas contre espèces sonnantes et trébuchantes. Ils se méritent. Les personnages que vous aurez aidés vous en feront cadeau.

CLASSE ET CLASSIQUE

Même s’il n’innove pas vraiment, Gargoyle’s Quest II est un excellent jeu. Certes, son déroulement est quelque peu linéaire (c’est le genre qui veut ça), mais on ne s’ennuie pas une seconde. La récolte d’informations dans les villes, l’investigation des châteaux, les combats contre les boss… Tout cela constitue la base d’une recette maintes fois éprouvée et dont on ne se lasse décidément jamais. Surtout lorsque la réalisation, comme ici, est à la hauteur. Même si les plus acharnés ne mettront que quelques heures à le terminer (cinq ou six quand même), ce jeu reste à la portée du plus grand nombre, car un code vous permet de reprendre où vous avez quitté (ou presque). Un jeu Capcom qui ne dément pas la réputation de qualité du célèbre éditeur.

Graphisme     : ★★★★½ 92%
Animation      : ★★★★½ 92%
Son                 : ★★★★½ 85%
Jouabilité       : ★★★★½ 94%
Difficulté        : ★★★★☆ 83%
Durée de vie  : ★★★★☆ 78%
Player Fun     : ★★★★½ 90%
Note Globale : ★★★★½ 90%

Article rédigé par Chris dans Player One n°34 (septembre 1993).

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