Super Mario World

La plus grande star des jeux vidéo s’installe avec sa petite famille et son monde merveilleux sur la Super Nintendo… Le résultat est digne d’un dessin animé !

Voilà plus de 13 ans que Super Mario chasse les tortues Koopa chez Nintendo ! Treize ans de succès ininterrompu, durant lesquels il est devenu le héros de jeux vidéo le plus vendu et le plus populaire de l’histoire (il est désormais plus connu que Mickey par les kids américains !). Il faut dire, que ce soit sur les premiers jeux électroniques à cristaux liquides de Nintendo, sur NES ou sur Game Boy, que Super Mario a su rester, tout en évoluant, un jeu d’une qualité exceptionnelle. Et il le prouve dans cette eclatante version sur Super NES. C’est un pur produit de la rigueur de Nintendo, mais, surtout, du génie d’un homme : Shigeru Miyamoto !

MIYAMOTO, L’HOMME QUI VALAIT 3 MILLIARDS !

Cet ingénieur en design industriel, âgé d’une trentaine d’années, est entré chez Nintendo en 1977. Il est, depuis, devenu l’un des hommes les plus influents et les plus protégés du n° 1 mondial du jeu vidéo. De son bunker, dans la ville japonaise de Kyoto, il a créé successivement Donkey Kong, Super Mario et Zelda. Avec une telle carte de visite, il est rapidement devenu le chef du service Research and Development de Nintendo. Maintenant, tous les jeux et toutes les machines qui sortent chez Nintendo sont supervisés par lui. Il est tellement accro à son boulot, et tellement important pour le constructeur nippon, qu’il lui arrive de passer plusieurs jours sans sortir de son bureau ! C’est ça, la passion ! Miyamoto vit dans un autre monde, dans une autre dimension… La dimension ludique.

SUPER MARIO IS BACK

Encore une fois, la magie de Super Mario fonctionne à merveille. A chaque fois, on se dit qu’ils ne pourront pas faire mieux, et à chaque nouvel épisode de Mario, on est de nouveau surpris ! Il faut dire que cette fois, le passage aux 16 bits de la Super Nintendo y est pour beaucoup ! D’ailleurs, cette machine arrive à temps. Il aurait été difficile de surpasser un jeu comme Super Mario 3 sur la NES, qui exploite déjà 110 % des capacités de la bonne vieille Nintendo 8 bits grâce à un nouveau type de cartouche plus évolué, une véritable prouesse technique. Mario sur Super Nintendo n’en est qu’à ses débuts… débuts certes très réussis ! Mais il faut bien comprendre que les programmeurs ne connaissaient pas très bien la console quand ils l’ont fait ! Ce qui explique, malgré une richesse visuelle et sonore à tomber par terre, que ce jeu n’exploite la machine qu’à 55-60 % de son potentiel maximum… ce qui promet pour l’avenir !

TOUT NOUVEAU TOUT BEAU

Mais revenons au présent, avec un nombre de nouveautés assez conséquentes dont les plus visibles sont, évidemment, la richesse des couleurs et la finesse des graphismes qu’apporte la Super Nintendo. On notera, aussi, l’arrivée de tous les effets vidéo classiques de cette machine : zoom, rotations, mosaïques, transparences… effets qui ne sont pas employés de façon tapageuse comme dans certains autres titres. Non, ici, c’est par petites touches. Très discrètement, mais efficacement ! Quant à la musique, c’est un modèle du genre ! Comme vous l’avez sans doute déjà compris, les capacités sonores de la Super NES sont hors du commun, et cela joue beaucoup dans cette nouvelle version de Super Mario. Chaque monde possède son thème musical, ainsi que chaque type de level ! Exemple, les passages sous l’eau ont droit à un petit morceau de vague à lame sur fond de violon ! Alors que les levels sous terre résonnent plutôt à grands coups de percussions (sans oublier que tous les sons, musique ou bruitages, produits dans ces cavernes, sont amplifiés par un écho démoniaque que génère la machine). Et ainsi de suite, que se soit dans la forêt, ou dans les airs. Tout cela transforme Super Mario World en un véritable dessin animé interactif.

SUPER MARIO 4 N’A PAS LA MEMOIRE COURTE

Le principe de la carte de Mario 3 a été conservé, mais particulièrement amélioré. Ainsi, les sept régions (mondes) du jeu constituent le plan de l’île où se déroulent les nouvelles aventures de Mario. Les levels sont symbolisés par des petits ronds jaunes et rouges. Il faut finir un level pour passer au suivant. Mais une fois que l’on en a terminé un, il est possible d’y revenir quand on veut (pratique pour reprendre des vies ou des options que l’on aurait oubliées). Chaque région contient une « ghosthouse » et un château. La Ghosthouse remplace les châteaux de mi-parcours de Mario 3. Pour s’en sortir, il faut plutôt utiliser ses méninges, alors que les châteaux. qui marquent la fin d’une région, demandent plutôt de la dextérité et beaucoup de réflexes. Si vous triomphez d’une Ghosthouse ou d’un château, un menu vous propose de sauvegarder le trajet que vous venez d’accomplir ! Car c’est l’une des grandes nouveautés de Mario 4 : la cartouche intègre une pile au lithium permettant de sauvegarder la partie en cours.

WELCOME TO YOSHI

Mais au chapitre des nouveautés, on notera surtout les innombrables transformations et mouvements nouveaux qu’il est possible de faire avec Mario. Ainsi, fini la Raycoon Suit (Mario raton-laveur) : la plume apporte la Mario-cape avec laquelle, Mario peut tuer certains ennemis en tournant sur lui-même, il peut s’envoler, planer, prendre de l’élan, faire la bombe… C’est la folie ! De même, la possibilité de chevaucher Yoshi ouvre des perspectives encore inconnues sur console. Surtout que Yoshi est particulièrement drôle quand il tire une langue de caméléon pour avaler un ennemi ! Il peut aussi voler et aider Mario à sauter plus haut, et puis il devient vraiment un compagnon : quand un ennemi vous touche, Yoshi se met à courir et à paniquer, et il faut vite lui remonter dessus sinon il peut tomber dans un trou, et c’est fini pour lui ! Selon la couleur de Yoshi (il existe quatre couleurs), on obtient des fonctions nouvelles : ainsi, en mangeant des carapaces de certaines couleurs, il pousse des ailes à Yoshi, ce qui lui permet de voler pendant un bout de temps. Magique !

VERDICT

Si l’on ajoute à ce tableau enthousiaste qu’il faut, pour finir le jeu, compléter 96 étapes, découvrir une quinzaine de Warp Zones, des milliers d’astuces et des centaines d’options cachées, on obtient encore une fois une richesse et une qualité de finition exceptionnelle.. Les machines ont beau se succéder, Super Mario reste la superstar des jeux vidéo !

 

Graphisme     : ★★★★½ 90%
Animation      : ★★★★★ 95%
Son                 : ★★★★½ 92%
Difficulté        : ★★★★☆ 80%
Durée de vie  : ★★★★★ 99%
Player Fun     : ★★★★★ 99%
Note Globale : ★★★★½ 99%.

Article rédigé par Crevette dans Player One n°19 (avril 1992).

 

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