Super Mario All Stars

La méga compilation qui va faire un méga carton sur la Super Nintendo… Fans de Mario, sortez les cierges !

Y a un truc qu’est assez fabuleux quand on est un fan de Super Mario, c’est que l’on sait que chaque année nous apporte son nouveau Mario. Un coup sur NES, un coup sur Game Boy, et, dans le meilleur des cas, sur Super Nintendo. C’est d’autant plus exceptionnel que l’on sait pertinemment qu’il faut un peu plus de deux ans à Miyamoto (le créateur de Mario et de Zelda) pour en produire un. C’est pourquoi il y en a toujours deux en permanence sur le feu dans les laboratoires de Nintendo. Et ce qui est encore plus fou, c’est que l’on sait à chaque fois que l’on va être surpris et enchanté du résultat (Super Mario II et Super Mario Land II étant pour l’instant les deux seuls contre-exemples à cette règle). Mais dans le cas de Super Mario All Stars, j’avoue que l’effet de surprise est plus que réussi :

alors que tout le monde attendait bien sagement un Super Mario V sur Super Nintendo, voici qu’ils nous ressortent les vieux Mario dans une compil remise au goût du jour pour la 16 bits de Nintendo ! Et je peux vous dire que lorsque l’on a passé des centaines d’heures sur Super Mario III en version NES, rien que l’idée de pouvoir y jouer sur la Super Nintendo, ça vous met dans un état proche de l’extase… Vous allez voir qu’il y a de quoi !

QUATRE EN UN !

Super Mario All Stars s’adresse à deux catégories de gens. Tout d’abord, aux fans de Mario qui ont pris leur pied sur les trois aventures de la NES, et qui aimeraient bien pouvoir y jouer sur la Super NES. Ensuite, à ceux qui ont découvert Mario dans Super Mario IV sur Super NES et qui aimeraient bien connaître les trois précédents sans avoir à racheter une NES. Je vous rassure tout de suite, Mario All Stars remplit parfaitement ces deux missions ! La cartouche contient donc Super Mario Bros I, Super Mario Bros II et Super Mario Bros III, Plus, en guise de méga bonus, les Lost Levels, une aventure de Mario qui n’avait jamais été distribuée hors du Japon et qui s’adresse aux pros de Mario, avec un niveau de difficulté élevé. Le tout réarrangé avec les graphismes et le son de la Super Nintendo. Voyons tout cela en détail…

SUPER MARIO BROS I

Première aventure de notre plombier (qui, je vous le rappelle, luttait auparavant contre un certain Donkey Kong, dans le jeu du même nom). C’est dans celui-là que toutes les bases ont été définies. Les tortues Koopas, les Lakitu, King Koopa, la princesse Toadstool… tous ces éléments que l’on retrouvera dans les Mario suivants ont été mis au point dans ce Super Mario Bros. Le jeu est structuré en huit mondes de trois levels. À la fin du troisième level de chaque monde, il faut affronter un boss qui garde l’un des huit châteaux. Mais contrairement aux Mario suivants, quand on a fini le jeu, on n’a pas le droit à un générique de fin, mais juste à un message de congratulation, et l’on reprend au monde 1, avec un niveau de difficulté nettement plus élevé. Et ainsi de suite, ad vitam etemam. Pour la première fois de l’histoire, mais pas vraiment la dernière, Mario commence en tout petit. Il faut attendre de casser l’un des premiers blocs qu’il trouve sur son chemin pour manger le champignon qui va le transformer en… Super Mario ! Ensuite, il lui suffit de prendre une fleur pour qu’il devienne Super Mario Féroce (il crache des boules de feu). Pour ce qui est du décor, il découvre la joie des tuyauteries, avec les conduits qui mènent aux warp zones ou les plantes carnivores qui en surgissent. Cela a beau être le premier Mario, je peux vous dire qu’il y a pas mal d’astuces à découvrir. Y a même, déjà, les niveaux immergés, dans lesquels notre petit gros moustachu fétiche doit nager. Les nouveaux graphismes en relèvent vraiment l’intérêt ; en revanche, on regrettera que la sauvegarde le rende un peu plus facile que sur NES, mais bon, pas de quoi fouetter un chat !

SUPER MARIO BROS II

Allons droit au but : historiquement, Super Mario Bros II n’est pas un vrai Mario ! À l’origine, il s’agit d’un jeu qui s’appelait Doki Doki Panic au Japon. C’est Nintendo of America qui en a juste modifié les personnages et quelques éléments pour en faire le deuxième volet des aventures de Mario. Ce qui explique qu’il est assez différent des autres de la série. Le schéma classique du level/boss de fin est ici quelque peu modifié. Tout d’abord, vous pouvez jouer avec Mario et Luigi, mais aussi avec la princesse Toadstool et Toad. Chacun a sa personnalité. Ainsi, par exemple, la princesse saute beaucoup plus loin que les autres (même que c’est la préférée des fans de Mario II). Et là n’est pas la seule différence, car les personnages n’éliminent pas leurs ennemis en leur sautant dessus comme le fait Mario dans les autres aventures. Non, ils s’en saisissent à bout de bras pour les jeter à terre. Voilà qui perturbe. De même qu’ils attrapent des ennemis, ils peuvent aussi arracher les brins d’herbe qui tapissent le sol, pour s’en servir, entre autres, d’armes. Mais parfois, certains brins cachent un flacon de potion. Lorsque l’on jette cette fiole, elle fait apparaître une porte. Celle-ci mène dans le monde négatif de Mario II (que l’on peut aussi décrire comme l’envers du décor). Et c’est dans ce monde négatif que l’on trouve les fameux champignons de Mario, mais qui n’ont plus du tout le même rôle. Le but du jeu consiste donc à retrouver les flacons pour ouvrir une porte au bon endroit (là où se trouve un champignon), puis à finir le monde en éliminant le mini-boss de fin de niveau. Je vais vous avouer que moi qui suis pourtant l’un des plus grands fans de Mario de la terre, j’aime pas trop ce Mario II. Il est moins intuitif, plus confus que les autre. Et même si les graphismes ont nettement été améliorés sur la Super Nintendo, il garde ce côté ambigu qui plaît à beaucoup, mais en repousse tant d’autres. Enfin bref, l’avoir sur cette compil est quand même une bonne chose, puisque cela permet de l’ajouter à son tableau de chasse, même si l’on n’y prend pas le même plaisir que dans les autres.

SUPER MARIO BROS III

Alors là, on sort les mouchoirs tant on attaque la séquence émotion de ce test. Super Mario III, déjà sur NES, était LE Mario de référence. Encore aujourd’hui, j’en arrive à me poser la question du choix du meilleur Mario entre le III sur NES et le IV sur Super Nintendo. Et je peux vous dire que la réponse n’est pas aussi tranchée que ça ! Alors, quand on voit Mario III débarquer sur Super Nintendo, y a de quoi se poser encore plus de questions ! Faut dire qu’il a tout pour plaire : il est long, long, long, comme un rouleau de papier-toilette Lotus (huit mondes de sept à neuf levels chacun !), et il est d’une beauté, d’une richesse et d’une jouabilité comme aucun autre jeu ne peut se vanter au monde. Nintendo ne s’y est pas trompé, puisque c’est dans Super Mario All Stars qu’il y a les meilleurs graphismes. Ils sont si poussés, d’ailleurs, qu’ils sont même meilleurs que ceux de Mario IV. Le monde du Désert, le monde des Glaces, le monde des Géants, le monde des Nuages, ils ont tous été refaits dans des couleurs, des tons et dans un style particulièrement acidulés. On retrouve avec bonheur la combinaison de Mario Castor qui lui permet de voler sur de courtes distances (ou plus loin s’il chope la bonne option), mais aussi les trois flûtes bien planquées dans leur warp zones, qui permettent d’accéder directement au monde que l’on désire. Et si vous voulez vraiment succomber à une extase visuelle, je vous conseille de faire un petit tour dans les châteaux et sur les vaisseaux de fin pour admirer les décors avec double ou triple scroll et des dégradés en 256 couleurs à tomber par terre (sans oublier les effets de transparence). En revanche, même remarque que pour Mario I : une grande partie de l’intérêt de Mario III résidait dans son niveau de difficulté assez élevé, mais la présence des sauvegardes en gomme un peu l’effet (mais ça évite de laisser la console allumée pendant des jours entiers, donc ce n’est pas si mal !). Et pour être franc, sans Yoshi et la cape, Mario IV aurait du mal à lutter contre ce Mario III spécial Super Nintendo.

SUPER MARIO AND THE LOST LEVELS

Ce jeu est totalement inédit par chez nous. En fait, il s’agit du vrai Super Mario II, mais qui n’est jamais sorti hors du Japon (sans doute parce qu’il ressemble trop à Mario I). Le voici donc sous le nom de Lost Levels (Les Niveaux Perdus) en guise de cadeau bonus dans cette compilation. On pourrait le décrire comme un Mario I hyper dur. D’ailleurs, Nintendo le recommande surtout pour les fans de Mario qui ont terminé tous les autres et qui veulent s’attaquer à un challenge de taille. Ce qui est le plus étonnant, c’est que lorsqu’on le regarde comme ça, rapidement, on n’a pas l’impression qu’il est particulièrement difficile. Mais en y jouant, on se rend compte que l’on butte sur certains passages et que l’on ne progresse que lentement à petits pas. En clair : un bonus providentiel qui vous aidera, j’en suis sûr, à vous surpasser…

100 MILLIONS DE MARIO, ET MOI, ET MOI.

Au final, nous ne pouvons être que comblés de cette compilation, célébrant, je vous le signale, la 100 millionième cartouche de Mario vendue dans le monde (record toutes catégories, et loin devant, pour un jeu vidéo !). Nous retrouvons intacts (les bonus et astuces sont exactement au même endroit) ces jeux mythiques qui avaient fait notre bonheur sur NES. Les 256 couleurs affichables de la Super Nintendo en plus!

 

Graphisme     : ★★★★★ 95%
Animation      : ★★★★★ 96%
Son                 : ★★★★½ 85%
Jouabilité       : ★★★★★ 95%
Durée de vie  : ★★★★★ 99%
Player Fun     : ★★★★★ 99%
Note Globale : ★★★★½ 97%

Difficulté variable

Article rédigé par xxx dans Player One n°35 (octobre 1993)

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